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Internet

Alors Internet, c'est formidable : ça permet à tout un chacun d'être “connecté”, d'avoir une vie “en ligne” et d'accéder à une énorme base de contenu pornographique connaissance.

Certes. Mais en vrai, comment ça marche ?

Internet est un réseau, donc un ensemble de machines (ordinateurs) reliées entre elles. Pour mieux voir de quoi il retourne, essayons de voir ça d'une autre manière.

Dans ce qui suit, les précisions un peu techniques seront précédées par un p'tit geek à lunettes et
mises en évidence. Il n'est pas nécessaire de les lire/les comprendre pour bien appréhender le
principe global.

De l'analogie curieuse

Je vais tâcher d'esspliquer un peu comment fonctionne tout ce bazar d'Internet, d'une façon compréhensible pour un parfait profane en informatique, sans aucune connaissance préalable. Sauf de la logique et une (petite) expérience de la vie de tous les jours…

Pour ça, comparons Internet à une ville. Si, si.

De les premiers pas

La première épreuve, lorsque nous arrivons dans une ville inconnue est de retrouver son chemin, d'identifier un moyen de s'orienter.

Internet ne fait pas exception.

Pour s'orienter en ville, il y existe un bon moyen : compter sur les autres (autochtones, transports en commun, taxi, etc) !

Imaginez la scène : vous arrivez dans un ville (moyenne), vous choppez un taxi et lui demandez : “Au cinéma, mon brave ! Et ne laissez pas ces viles loupiotes tricolores mettre un frein à votre périple.”

Alors, certes, vous écoperez d'un regard ahuri, mais au moins, vous arriverez à bon port (par un chemin plus ou moins long en fonction de l'honnêteté du chauffeur, mais là n'est pas la question) !
Pour comprendre ce miracle, voyons ce qu'il se passe dans la tête du chauffeur de taxi lorsque vous lui énoncez la destination : “Cinéma ? 53 avenue des Lumières. Vu la tête du gogo, je peux le faire passer par la rue des Égarés et le passage le l'Arnaque !”

Donc à priori, là, vous vous êtes fait enfler. Mais toujours est-il que, même de façon inconsciente, le chauffeur a “traduit” un nom de bâtiment en adresse.

Internet repose sur ce principe simple : l'adressage.

Dans une ville, chaque maison, chaque bâtiment possède une adresse qui lui est propre. Sur Internet, c'est la même chose : chaque ordinateur “connecté” possède une adresse, appelée adresse IP.

A l'heure actuelle, la norme IPv4 est employée pour l'adressage des machines sur Internet.

En théorie, cela permet d'adresser 4 294 967 296 machine. En pratique, un peu moins, mais
nous sommes arrivés à saturation le 3 février 2011.

La prochaine étape sera le passage en masse à IPv6, mais cela sort du cadre de cette documentation.

Retrouver ses petits : les DNS

Sur le Grand Nain Ternet, même sans le savoir, vous utilisez un serveur de noms (ou Domain Name Server – DNS) pour faire correspondre un nom à une adresse (votre taxi quoi).

Oui. Car des gens qui pensent se sont dit un jour : “retenir un nom, c'est plus facile que de retenir une série de chiffres, non ?”.
Et moi, personnellement, je pense qu'ils avaient raison…

Avouez que “www.google.fr”, vous le retenez mieux que 173.194.66.94… Pourtant, c'est la même chose ! Ouvrez une nouvelle fenêtre/un nouvel onglet dans votre navigateur et entrez cette fameuse suite de chiffres dans la barre d'adresse (ou cliquez ) : hop ! Vous tombez sur le site de Google…

Le premier “service” que vous utilisez sur Internet est donc celui des serveurs DNS. En général, vous n'avez rien à faire et vous utilisez ceux de votre fournisseur d'accès. Vous pouvez également faire appel à un service externe comme celui de Google ou OpenDNS.

Il s'avère qu'en fait, pour utiliser un DNS, vous devez connaître son adresse : paradoxal, non ?

Mais il s'agit (en gros...) de la seule adresse que vous devez connaitre : le DNS se chargera
ensuite de rendre tout ça transparent pour vous.

La plupart du temps, leur configuration est automatiquement faite par votre fournisseur d'accès.

Enfin, à savoir, un DNS permet également de faire correspondre une adresse IP à un nom de domaine (la
conversion inverse quoi).

Et ensuite ?

Bon, voilà, vous savez vous “déplacer” dans cette grande ville qu'est Internet. Enfin… Vous savez aller à un endroit donné à partir de son nom.

Bref, vous savez aller à la porte d'un bâtiment.

Continuons notre visite de cette grande ville.

Regardez l'image au début de cette page. Vous pouvez voir que Google, Amazon ou Youtube sont représentées comme des gratte-ciels.

Car oui, souvent, une entreprise, surtout une grande, occupera plusieurs étages d'un immeuble, voir un ou plusieurs immeubles à elle toute seule.

Et il faut se représenter Internet comme une (très, très, très) grande ville où il n'y a que des immeubles. Tout le monde habite un (ou plusieurs) immeuble(s). Il n'y a pas de maison individuelle, pas d'appartement.

Vous visualisez ?

Très bien. Vous aurez donc compris le prochain problème. Si vous voulez contacter le service juridique d'une entreprise, vous devez aller à quel étage ?

De les erreurs fréquentes

Interrompons un moment notre promenade dans cette ville démesurée et mettons les choses au point une fois pour toute.

Internet n'est pas qu'un ensemble de pages ouaibe.

Voilà, c'est dit.

Pour mieux appuyer mon propos, les e-mails passent par internet. Ce n'est pas du web (enfin si vous utilisez un vrai logiciel de mail, pas les “webmails” de yahoo, hotmail ou gmail).
Les “requêtes DNS” (demande d'adresse en fonction du nom) passent par internet. Ce n'est pas du web.

En fait, votre navigateur ne vous donne accès qu'à une toute petite partie d'Internet, la partie web.

Je pourrais continuer, mais j'espère que vous avez déjà compris.

Repartons en promenade.

De la normalisation

Vous voilà donc en face d'un bâtiment, sans savoir à quel étage vous rendre.

Histoire de faciliter les choses, des penseurs ont encore une fois décider de normaliser un peu et d'attribuer un étage précis pour chaque fonction.

La fonction “site web” est à l'étage 80. L'envoi de courrier passe par l'étage 25. La réception de courrier sera au 110 ou au 143 (ça dépend…). Les sites web “sécurisés”vous attendront à l'étage 443.

Oui, il y a beaucoup d'étage dans chaque bâtiment. En fait, et là je vous demande d'avoir une imagination imaginative, chaque bâtiment d'Internet possède 65535 étages (une grande ville donc, avec de grands bâtiments !), dont la plupart est inaccessible au public.
Oui, ça fait beaucoup. C'en est même intimidant. C'est pourquoi les normes, c'est le bien.

En fait, ces étages s'appellent des ports. Il y a 65535 ports possibles sur un ordinateurs,
donc un potentiel de 65535 services différents pour chaque machine connectée à Internet.
Certains ports sont réservés à une utilisation particulières par une autorité d'assignation des
nombres (l'IANA).

De le comment qu'on cause

Alors ça y est : vous êtes à la bonne adresse et vous savez à quel étage aller.

Il reste un problème : dans le monde merveilleux de la vie professionnelle, chaque métier a son jargon.

Les avocats, les médecins ou les informaticiens ont chacun leur vocabulaire et des termes qui sont propres à leur profession.
Même les bouchers parlent le louchébem !

Et bien sur Internet, c'est pareil : chaque étage possède son propre vocabulaire et sa propre syntaxe.

Dans ce cas, on parle de protocole.

Une fois encore, les protocoles sont identifiés et normés, et sont généralisés dans des documents publiques, disponible sur… Internet ! :-P

De les correspondances

Voici un résumé des étages (avec leur langage propre) les plus courants sur Internet :

Service Étage (port) Langue (protocole)
Transfert de fichiers 21 FTP
Envoi de courrier 25 SMTP
Service de noms 53 DNS
Site web 80 HTTP
Réception de courrier 110 POP3
Réception de courrier 143 IMAP
Site web sécurisé 443 HTTPS

Mais alors, comment ça se passe en fait ?

Regardons un peu où nous en sommes.

Vous savez maintenant allez à une adresse, à quel étage vous adresser et comment le faire.

Alors comment ça se passe concrètement ?

Lorsque vous tapez “http://www.google.fr”, voici les étapes suivies pour que s'affiche la page du célèbre moteur de recherche :

  • votre navigateur interprète cela en “langue://entreprise/page” ou encore “protocole://sous-domaine.domaine:port/page” (et tout n'est pas obligatoire)
  • votre navigateur fait une demande d'adresse à votre serveur DNS
  • le DNS renvoie une réponse numérique
  • votre navigateur interroge directement l'adresse demandée, à l'étage 80 (sur le port 80) en parlant le HTTP
  • le navigateur demande la page “/”
  • le serveur (la machine) de Google envoie le contenu de la page
  • votre navigateur affiche cette fameuse page
  • vous pouvez lancer une recherche !

Très bien ! Vous savez maintenant comment fonctionne Internet !!

Ou pas.

Vous savez en fait comment fonctionne votre navigateur pour afficher une page web. Et encore, pas en détails…

De l'abstraction

Votre navigateur est en fait un vicieux, qui vous cache plein de choses…

En effet, il utilise plusieurs paramètres par défaut.

Si vous omettez la partie “langage” (ou protocole), le navigateur utilisera par défaut le “HTTP”.
Si vous omettez le port, le navigateur utilisera par défaut l'étage (le port) 80.
Si vous omettez la page, le navigateur utilisera “/” qui sera la page par défaut du serveur (de la machine interrogée).

Mais il faut savoir qu'en général, votre navigateur sait au moins parler deux autres langues, le HTTPS et le FTP, et que vous pouvez explicitement lui demander de les utilisez, en les précisant comme ça :

En fait, votre navigateur peut interpréter plus de langages (protocoles) que ça,
à l'aide de programmes externes.
Par exemple, si vous avez Steam installé sur votre ordinateur, votre navigateur
comprendra des liens comme steam://run/42910.
Avec Putty, le navigateur comprendra ssh://free-unices.org.

La plupart des navigateurs comprennent aussi les liens de type mailto:// et certains
connaissent le langage (protocole) telnet://.

En fait, il n'y a pas de limite, il faut juste savoir que ce type de liens permettent
au navigateur de lancer un autre programme qui saura, lui, parler le bon langage.

Et tous ces langages sont parlés sur Internet et ne sont pas uniquement des pages web !

De le cheminement

Lorsque je dit que votre navigateur va interroger directement un serveur après la requête DNS, c'est faux.

Il existe toute une méthode par laquelle votre navigateur va d'abord trouver la route à suivre pour atteindre ce serveur.

Et il faut savoir que si jamais il rencontre un obstacle en chemin, il saura le contourner et changer de route pour parvenir à ses fins.

A ce propos, on dit qu'Internet en un réseau “maillé”.

Tout ce qu'il faut en retenir, c'est qu'il existe un tas de façon différente d'aller d'un point A à un point B et que cela sert à éviter que tout un “quartier” de cette ville soit inaccessible en cas d'encombrement.

Cet ensemble de routes possibles est connu par des équipements spéciaux, appelés des routeurs,
dont la seule fonction est de dire : "pour aller là, il faut passer par ici".
Chaque routeur connait une petite partie de la "ville" et d'autres routeurs. Ainsi, il saura
ré-orienter quelqu'un vers un autre informateur si une route lui est inconnue.

Une précision sur les domaines

La plupart du temps, pour accéder au site web d'une entreprise (ou d'un particulier, mais peu importe…), vous utiliserez une adresse du type “www.entreprise.tld” (don't ask).

Il faut savoir que cela signifie “World Wide Web de l'entreprise”. Mais la partie “www” peut en fait être n'importe quoi (et souvent même être omise).

Vous pouvez trouver “support.entreprise.tld” ou encore “fr.entreprise.tld” (pour les sites multilingues).

Et il est fréquent que tous ces différents sites webs soient en fait disponibles sur la même machine (serveur).

Dans ce cas, le DNS renverra toujours la même adresse numérique et le langage HTTP fera la différence entre les sites.

Retenez juste qu'il n'est pas obligatoire qu'une adresse web commence par “www”.

Résumé

Voilà, vous savez maintenant vous repérer dans les méandres d'Internet, et vous savez (à peu près) à quoi correspondent les ports, les protocoles et les routes.

Je vous ai aussi asséné qu'Internet n'était pas qu'un ensemble de page web, mais un réseau sur lequel beaucoup de langues étaient parlée.
En fait, si vous utilisez un réseau d'échange de fichiers (le peer to peer, c'est le maaal), cela passe par Internet.
Si votre ordinateur (ou votre box) se met automatiquement à l'heure, cela passe par Internet.

Il est possible de trouver l'ensemble des langages (protocoles) parlés par votre ordinateur (et pas uniquement le navigateur) sur Internet, directement sur votre disque dur.
Sous Unix/Linux, il s'agit de /etc/services. Sous Windows, en général, c'est C:\Windows\System32\drivers\etc\service.

De les inconvénients

Dernier point : toutes les machines connectées à Internet offrent aux autres un accès à leurs étages (leurs services), ce qui entraine des risques d'infection virale ou des problèmes de sécurité.

En général, votre “box” vous protège partiellement (en fermant certains étages ou ports).

Il est de bon aloi d'utiliser également un anti-virus local sur votre ordinateur ainsi qu'un firewall (ou pare-feu) logiciel. Celui-ci servira également à fermer ou filtrer l'accès aux étages de votre ordinateur.

Important

Ce petit document se veut une vulgarisation : certaines informations sont volontairement imprécises ou incomplètes.

Il ne s'agit pas ici de faire un cours magistral, mais de faire comprendre le fonctionnement général d'Internet à la ménagère de moins de 50 ans.

J'espère que les puristes ne m'en tiendront pas rigueur…

doc/internet.txt · Dernière modification: 2013/02/06 20:45 par cyriac